Avant de repartir pour ma montagne (me consacrer à la rédaction de mon petit bouquin), je ne résiste pas à vous transmettre le texte d’un dessin de Wolinski paru dans Paris-Match au tournant de l’année.
Le dessin montre un beauf’ en train de lever son verre de rouge dans sa cuisine, seul en face de son pot de rillettes. Et il monologue:
“Nous étions comme des coqs en pâte, nous voilà devenus des canards boiteux. Nous devons réagir! Contre je ne sais pas quoi, car nous sommes menacés par je ne sais pas quoi. Ouvrons notre gueule contre ceux qui pensent que lorsqu’on n’a rien à dire, il faut la fermer. Refusons d’être subjugués par la mélancolie. Refusons la dictature de l’actualité. Fermons ces journaux déprimants, cette télé crétinisante, ces livres empoisonnants. Relisons plutôt. Relisons les romans qui ont enchanté notre enfance. Ce soir, je réveillonne avec mes seuls vrais amis, les souvenirs du passé. Nous avons eu la chance d’être moins cons que nos parents, et que nos enfants. Je bois à tout ce que j’aurais dû faire. Je bois à la fortune que je n’ai pas amassée, au pouvoir que je n’ai pas ambitionné, à la volonté qui m’a toujours fait défaut, et à la divine beauté des femmes que je n’ai jamais connues. Bonne année à tous ceux que je fais sourire.”