Si vous êtes de type 1 sur l’ennéagramme, merci de me dire si vous souscrivez à cet article.
Pour comprendre comment chaque type, à partir de son essence, a construit peu à peu ses cuirasses, j’ai osé inventer une “histoire des nombres”, dans laquelle neuf personnages vont se présenter, par ordre d’apparition sur ce que l’on pourrait appeler la scène du monde.
Le premier personnage est seul, il n’a pas encore de nom. Plus tard, on l’appellera Un. Il représente l’Unité, le premier nombre, l’entier. Il se tient droit comme plus tard on dessinera son nombre. Comme il ne connaît rien d’autre que lui-même, que l’altérité n’est pas encore de ce monde, il ne parle pas. Son énergie est tournée vers l’intérieur de lui-même, là où il ressent le principe de perfection.
Si je suis de type 1, je garderai toute ma vie la nostalgie de la perfection et je traquerai la moindre erreur chez moi comme chez les autres. En permanence, ma préoccupation va vers ce qui pourrait être amélioré. J’ai le sentiment de savoir “ce qui devrait être” et je mesure ce qu’il faut faire pour m’en approcher toujours davantage.
Je sais ce que veut dire “faire des efforts” et seuls ceux qui se donnent de la peine pour progresser ont mon approbation; avec les autres, je peux me montrer intolérant, parfois même cassant.
Une sorte de colère m’habite, que je n’exprime pas toujours, c’est selon l’éducation que j’aurai reçue. Mais elle est toujours là, sous-tendant ma persévérance et mon acharnement. Etre à la hauteur, y arriver, ne pas m’accorder de repos ou de loisirs avant de l’avoir mérité.
En matière de confiance en soi, j’oscille entre deux extrêmes: d’une part j’ai des principes et je sais que j’ai raison, d’autre part je me sens trop souvent insuffisant par rapport à mes propres exigences.
Ma tendance compulsive à vouloir maîtriser les moindres détails me vaut pas mal de stress: il y a toujours quelque chose qui cloche, qui n’est pas terminé. Et lorsque je ressens trop de stress, j’ai tendance à dramatiser. Les émotions prennent alors le dessus et j’ai bien de la peine à réfléchir pour retrouver la sérénité.
Ecoutons une personne de type 1: “Infirmière en pédiatrie, j’aime mon métier et je tiens à la faire le mieux possible. La propreté du service notamment me tient à coeur. Lorsqu’il s’agit d’enfants, on n’est jamais trop prudent. Je trouve que mes collègues font trop souvent preuve de négligence et je le leur fais remarquer. Comme elles ne semblent pas prendre les consignes au sérieux, c’est toujours moi qui vais faire le tour des locaux et veiller à un ordre rigoureux et une propreté parfaite. Elles n’aiment pas le ton sur lequel je leur répète encore une fois de faire un effort et me trouvent trop rigide. Peu à peu je me suis sentie écartée du groupe… Elles ne m’invitent pas pour sortir et s’amuser. Dans mon poste précédent, j’avais été licenciée sous prétexte que je ne m’intégrais pas, j’aimerais bien éviter que l’histoire ne se répète…”
Un autre 1, employé de banque: “Mon métier me met souvent en contact avec la clientèle et surtout avec des partenaires réguliers de l’entreprise. J’aime mon travail et mon chef m’apprécie. Pourtant il a reçu récemment des critiques sur mon comportement au téléphone. J’aurais été arrogant… L’étude de l’ennéagramme m’a permis de comprendre que j’étais rempli de colère envers ces personnes, à qui j’avais expliqué plusieurs fois une procédure et qui continuaient à ne pas en tenir compte. Pourquoi donc n’essaient-ils pas (comme moi!) de s’améliorer? Maintenant que je sais qu’ils ne sont probablement pas de type 1, je ressens moins d’impatience à leur égard et, du coup, on me trouve plus agréable au téléphone!”
L’énigme de la vie du 1 pourrait se formuler comme ceci: comment aspirer à la perfection et travailler à s’améliorer, sans se laisser dominer par la colère?
Une première piste serait de respecter le centre instinctif qui domine le type. La question “Comment est-ce que je me sens?” devrait alors prendre le pas sur “Quel est mon devoir?”, ce qui amènerait le 1 à reconnaître qu’il est rempli de colère et que cette tension, qui lui est pénible, est en outre de nature à gâcher ses relations avec d’autres personnes.
Pour atteindre la sérénité, pourquoi ne pas essayer de voir la situation d’un autre point de vue? Ces détails ne sont peut-être pas si importants que ça, d’ailleurs les autres n’y accordent pas autant d’attention. Pour être quelqu’un de bien, est-il nécessaire de se donner autant de mal? Mon entourage n’attend-il pas autre chose de ma part?
Le lâcher-prise du 1 consiste à écarter les oeillères constituées par ses principes, à renoncer à porter des jugements concernant ce qui est correct et ce qui ne l’est pas. A accorder moins d’importance à ses opinions et à consacrer davantage de temps aux relations avec les autres, en ouvrant son coeur.